Archive | avril, 2013

Mali : les troupes françaises sont-elles prêtes à partir ?

23 Avr

Les annonces du Président de la République et de ses ministres sur le retrait des troupes françaises du Mali laissent planer le doute sur le respect du calendrier prévu

 

L’inquiétude du Président français sur la capacité de la MISMA (Mission internationale de soutien au Mali) à prendre le relais des soldats français laisse penser que l’opération Serval est loin d’être terminée. Tout en ne remettant pas en cause le calendrier de retrait des troupes, François Hollande a tenu à nuancer celui-ci en insistant sur le danger du retour des islamistes au Mali en cas de départ précipité. « Le retrait de la France sera progressif et sera en fonction de la situation car nous voulons nous assurer que le terrorisme ne reviendra pas au Mali » a-t-il déclaré jeudi 19 avril. Depuis l’annonce du retrait de la France en février, les intentions de l’Etat semblent très confuses.

Engagées depuis le 11 janvier au Mali, le nombre de soldats français a atteint 4000 hommes à son paroxysme. D’ici la fin juillet, 2000 soldats resteront au Mali pour soutenir les troupes africaines qui comptent à ce jour 6300 hommes formés par l’Union européenne.

Français : Venue François Hollande à Rennes le...

Français : Venue François Hollande à Rennes le 27 septembre 2011, Jean-Yves Le Drian, Frédéric Bourcier, Loïg Chesnais-Girard (Photo credit: Wikipedia)

Les différentes déclarations du chef d’Etat et des membres du gouvernement font planer le doute sur le respect du calendrier et surtout sur l’efficacité à long terme d’un retrait après quelques mois de guerre. En effet, en visite à Bamako le 2 février, François Hollande a déclaré devant un public déchaîné : « Nous serons à vos côtés jusqu’au bout ». Cinq jours après, le chef de la diplomatie, Laurent Fabius, annonçait le retrait de la France du Mali à partir de mars. Le 6 mars, au micro d’Europe 1, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian n’a pas confirmé ce calendrier, contournant la question tout en écartant l’idée d’un retrait rapide. Le 20 mars le Président de la République déclarait : « La quasi-totalité du territoire sera revenu à la souveraineté du Mali dans quelques jours ». Le jour même, le Premier Ministre déclarait à l’Assemblée Nationale que le retrait débuterait « à partir de la fin avril ».

Le respect du calendrier  n’est pas la seule dissonance. Les troupes maliennes doivent prendre le relais d’ici la fin de l’été. Cependant,  le premier bataillon de soldats maliens formé par l’Union européenne ne devrait être opérationnel qu’en juillet selon le général français François Lecointre qui commande la mission EUTM (European Union Training Mission Mali). De plus, des spécialistes soulignent le délabrement de l’armée malienne et l’absence d’esprit de corps. L’ancien Ministre de la Défense, Hervé Morin a d’ailleurs déclaré : « Les forces africaines ne sont pas prêtes à prendre le relais, si tant est qu’elles le soient un jour ». La situation sur le terrain est également préoccupante : poursuite d’acte de guérillas dans les villes du Nord, retards sur le plan politique pour la tenue d’élections démocratiques ou absence de conciliation entre les autorités maliennes et les séparatistes Touaregs.  Par ailleurs, les forces de police sont absentes dans les villages du Nord laissant libre court à la violence de soldats maliens contre la population. Dans ces conditions le Président François Hollande peut-t-il respecté le « sacro-saint » calendrier, contenu des risques que cela comporte pour la paix.

 

Patriot’s Day, anniversaire maudit pour les Etats-Unis

17 Avr
An Intratec TEC-DC9 with 32-round magazine; a ...

An Intratec TEC-DC9 with 32-round magazine; a semi-automatic pistol formerly classified as an Assault Weapon under Federal Law. (Photo credit: Wikipedia)

Le troisième lundi d’avril commémore le début de la guerre d’Indépendance américaine mais également l’anniversaire de nombreux attentats et tueries

 

L’attentat du marathon de Boston le 15 avril 2013 s’ajoute à la triste liste des massacres perpétrés le jour du Patriot’s Day. En effet, le troisième lundi d’avril célèbre la victoire des Américains lors des batailles en 1775 de Lexington et Concord (deux villes proches de Boston). Pour les spécialistes ce jour, marquant le début de la guerre d’Indépendance, est un symbole pour ceux qui veulent défendre leurs idées contre le gouvernement fédéral, tout comme l’ont fait leurs aïeuls contre la « tyrannie britannique ».

En 1993, les forces de l’ordre donnent l’assaut contre la secte des Davidiens dans le ranch de Waco au Texas. Après plus de cinquante jours de siège, quatre-vingt-quatre personnes dont vingt et un enfants meurent dans un incendie. En 1996, cent-soixante-huit personnes sont tuées dans un attentat à la bombe contre un bâtiment fédéral, orchestré par un suprématiste blanc, Timothy McVeigh. Le 20 avril 1999, est le jour de la fusillade de Columbine au cours de laquelle deux lycéens (Eric Harris et Dylan Klebold) ont tué douze de leurs camarades avant de se donner la mort pour « commémorer » les deux précédentes tueries. En 2007, sur le campus de Virginia Tech, a lieu une autre fusillade mortelle commise  par un étudiant qui tue trente-deux personnes avant de se suicider.

FBI mugshot of Timothy McVeigh.

FBI mugshot of Timothy McVeigh. (Photo credit: Wikipedia)

Lundi 15 avril 2013, près de la ligne d’arrivée du marathon de Boston, deux bombes explosent faisant trois morts dont un enfant et cent-quatre-vingt personnes blessées dont plusieurs amputées à cause des débris des bombes. Toutes les pistes sont envisagées par le FBI : attentat perpétré par Al-Qaïda ou attentat venant de l’intérieur. Si la piste des islamistes est loin d’être exclue, il est étrange dans ce cas que l’attentat n’ait pas été revendiqué, qu’Al-Qaïda ait choisi ce jour précis ou utilise ce type de bombe composé de divers objets. D’autre part, ce lundi 15 avril est également le « Tax Day », date à laquelle les Américains envoient leur déclaration fiscale. Ce qui peut être une raison pour les « patriotes », l’Extrême Droite… de s’opposer au gouvernement, leur ennemi numéro un. Enfin, cet attentat survient alors que le Congrès travaille sur le renforcement de la législation sur le port d’armes à feu, suite à la fusillade de Newtown causant la mort de plusieurs enfants et de leurs professeurs peu avant Noël 2012. Or cette éventualité ne plait pas à la droite, aux lobbyistes et à toutes les personnes qui tiennent au deuxième amendement, garantissant aux américains la possibilité de s’armer contre la tyrannie. Beaucoup de faits, de signes semblent donc aller dans le sens d’un acte interne à l’Amérique.

Par ailleurs, début mars, le Southern Poverty Law Center a publié un rapport sur « l’état de la haine et de l’extrémisme » aux Etats-Unis. En 2012, 1360 groupes patriotiques ont été recensés, soit une augmentation de 813% depuis l’élection du premier Président noir. Quelque soit l’auteur de cet attentat et ses motivations, il survient une fois de plus le jour sanglant du Patriot’s Day.

 

 

Italie: l’instabilité politique perdure

16 Avr

L’absence de consensus entre les forces politiques italiennes prive la péninsule d’un gouvernement

 

Vicolo Cieco Bersani

Vicolo Cieco Bersani (Photo credit: Maurizio Lupi)

Cinquante-deux jours après les élections du 24 et 25 février, l’Italie est toujours à la recherche d’un gouvernement. Chaque parti politique tente d’installer son candidat à la présidence du Conseil. Suite aux élections législatives, le Parti démocratique a obtenu la majorité absolue à la Chambre des députés mais pas au Sénat. Trois forces politiques s’y affrontent : le parti démocratique (PD) de Pier Luigi Bersani, la droite de Silvio Berlusconi et le mouvement contestataire 5 étoiles du comique Beppe Grillo.

Le 28 mars,  Pier Luigi Bersani  échoue à constituer un gouvernement de coalition. Le Président de la République Giorgio Napolitano, respecté de tous, a décidé de prendre en main la composition d’un gouvernement de transition. Plusieurs possibilités s’offrent à lui : démissionner avant la fin de son mandat le 15 mai pour réorganiser de nouvelles élections législatives, désigner un candidat indépendant pour former un gouvernement provisoire chargé de modifier les lois électorales qui favorisent l’instabilité politique ou reconduire P.L. Bersani. Dans ce dernier cas, le leader du PD doi

t former un gouvernement avec les différentes forces politiques qui ne parviennent pas à s’entendre. Silvio Berlusconi est prêt à former un « gouvernement de large entente », notamment parce qu’une grâce présidentielle lui permettrait d’échapper à plusieurs condamnations dans  différentes affaires judiciaires. Mais Pier Luigi Bersani refuse de s’aliéner son électorat en s’alliant avec l’ancien président du Conseil. De plus, Beppe Grillo, fidèle à sa stratégie de rupture, refuse tout accord.

L’Italie inquiète

Le 2 avril, G. Napolitano a institué un groupe de travail composé de toutes les forces politiques italiennes pour tenter de sortir de cette impasse politique, en vain. Quant au Président de la République, il se prépare à quitter ses fonctions à l’approche des nouvelles élections présidentielles. Les pourparlers entre les partis politiques n’ont mené à aucune entente pour élire un président du Conseil. Le gouvernement de Mario Monti est encore en poste pour conduire la politique italienne. Cependant, cette situation inquiète l’Europe et les marchés. En effet, l’instabilité politique de la troisième économie de la zone euro pourrait affaiblir l’ensemble du vieux continent. Selon L’Express, le patron de la Confindustria (organisation représentative des entreprises italiennes), Giorgio Squinzi a déclaré qu’entre l’affaiblissement du gouvernement Monti et l’absence de consensus, l’Italie aurait perdu un point de son PIB. Plusieurs personnalités pourraient faire consensus auprès de tous les partis : l’ex Premier Ministre Giuliano Amato, l’ancien président de la Chambre des députés Luciano Violente, l’actuelle ministre de l’Intérieur Anna Maria Cancellieri ou l’ancienne commissaire européenne Emma Bonino. Quelque soit la solution envisagée,  le président du Conseil doit être élu très rapidement. Les italiens sont fatigués des batailles politiques, démoralisés à cause du taux de chômage élevé et l’Italie souffre des nombreux plans de rigueurs entrepris en vain.

Corée du Nord : une guerre à prévoir…

10 Avr
Salueren naar de Kims

Salueren naar de Kims (Photo credit: NOS Nieuws)

L’installation le 5 et 6 avril de deux nouveaux missiles de moyennes portées sur les côtes nord-coréennes et la menace d’une guerre nucléaire alarment la communauté internationale. Mais Pyongyang a-t-elle les moyens d’entrer en guerre ?

 

Depuis quelques semaines, le régime de Kim Jung-un multiplie les menaces envers son voisin du Sud et son allié, les Etats-Unis. Les déclarations guerrières ont monté d’un cran début mars 2013 après l’adoption d’une résolution de l’ONU condamnant les derniers tests nucléaires nord-coréens. Les exercices militaires américains au-dessus de la Corée du Sud ont également provoqué la colère de Pyongyang. Cette escalade de violence est d’autant plus surprenante que Kim Jung-un avait commencé son règne en exhortant une plus grande coopération entre les deux pays de la péninsule et le reste du monde. Que s’est-il passé pour que le dictateur nord-coréen change à ce point ? Selon Marie Orange Rivé-Lasan, historienne spécialiste de la Corée contemporaine, l’attitude de la Corée du Nord est une conséquence de son manque de reconnaissance internationale. De plus, face aux sanctions pesant sur son pays, le jeune dirigeant a dû réagir pour asseoir son autorité et son nouveau pouvoir.

Menaces en cascade

Le 4 avril, le régime communiste annonçait avoir approuvé un projet d’attaque nucléaire visant les Etats-Unis. Pyongyang installe alors des missiles sur ses côtes pouvant atteindre son voisin du Sud, le Japon et les îles américaines d’Hawaï ou Guan. Washington décide donc de déployer un système de missiles antibalistiques sur l’île de Guan. Suite à la menace d’une guerre thermonucléaire brandi par Kim Jong-un, le 10 avril la Corée du Sud et les Etats-Unis relèvent d’un cran le niveau de surveillance militaire. La veille, le Japon déployait des missiles « Patriot » dans le centre de Tokyo. L’agence officielle nord-coréenne KCNA (Agence de presse gouvernementale) a diffusé au même moment un communiqué déclarant que « toutes les organisations, les entreprises et les touristes » devaient « mettre au point des mesures d’évacuation » pour quitter la Corée du Nord et en particulier le site intercoréen de Kaesong.

Spectre d’une guerre

La possibilité que la Corée du Nord se dote de l’arme nucléaire inquiète la communauté internationale. La question que se posent les experts est de savoir si la dissuasion nucléaire peut fonctionner dans un monde ou de plus en plus de pays obtiennent la bombe A. On ne pas exclure un acte belliqueux, il y en a déjà eu plusieurs auparavant. En 2010 par exemple, Pyongyang a coulé une corvette sud-coréenne, faisant une dizaine de morts. La Corée du Sud et les Etats-Unis avaient l’habitude de répondre à ce genre d’attaque par quelques tirs en direction du Nord et quelques manœuvres.  La crise actuelle semble aller dans le sens d’une guerre ouverte. Il faut cependant être prudent avec cette éventualité. Tout d’abord, la Corée du Nord ne tirerait aucun avantage à déclarer la guerre à la Corée du Sud ou aux Etats-Unis bien mieux armés et entraînés qu’elle. Ce serait un suicide. De plus, il ne semble avoir aucun moyen fiable de vérifier les progrès miliaires ou les allégations du jeune dictateur. Enfin, le spectre d’Hiroshima et d’une surenchère des Etats-Unis  en cas d’attaque nucléaire hante cette partie d’Asie. Les gesticulations nord-coréennes semblent n’être qu’un moyen pour le jeune dictateur de faire parler de lui et peut être de trouver sa place sur la scène internationale qui continue d’ignorer son existence en tant qu’interlocuteur crédible.

Histoire du 6 avril

6 Avr
Jean Auguste Dominique Ingres, <i>Napoléon Ier...

Jean Auguste Dominique Ingres, Napoléon Ier sur le trône impérial (Photo credit: inharecherche)

Le 6 avril 1199, le roi d’Angleterre Richard Cœur de Lion meurt de la gangrène.  Son décès survient onze jours après avoir été blessé d’un carreau d’arbalète dans le conflit qui l’oppose au roi de France Philippe Auguste. Petite anecdote : si aucun récit ne situe historiquement la légende de Robin des Bois, il semble que le héros de notre enfance se bat pour rétablir le roi Richard sur le trône d’Angleterre contre le Prince Jean (le fils de Richard Cœur de Lion).

 

Le 6 avril 1520, Raphaël Santi, architecte et peintre de la Renaissance italienne décède.  A partir de 1508, il travaille presque exclusivement pour le Vatican. Son corps repose dans le Panthéon de Rome. Il est considéré comme l’un des plus grands maîtres de la peinture.

 

Le 6 avril 1814, Napoléon Ier abdique au château de Fontainebleau face à la coalition (Angleterre, Russie, Autriche) qui lui accorde la souveraineté de l’île d’Elbe. Le Sénat ne perd pas de temps pour faire monter Louis XVIII (descendant du roi guillotiné) sur le trône.

 

Le 6 avril 1916, les Etats-Unis déclarent la guerre à l’Allemagne. Longtemps neutres, Washington décide d’entrer en guerre suite à l’annonce allemande d’une « guerre sous-marine à outrance », c’est-à-dire une guerre sous-marine contre toutes les nations prêtant main forte à l’Entente, même les pays neutres.

 

Le 6 avril 1924, le parti fasciste italien de Benito Mussolini remporte les élections législatives. Le secrétaire général du parti socialiste Giacomo Matteotti dénonce des fraudes lors de ses élections. En juin, les squadrismi (paramilitaires) l’assassinent, provoquant un tollé auprès des députés qui refusent de siéger. Pour défendre ses groupes paramilitaires, Mussolini ira jusqu’à dire : « Si le fascisme a été une association de criminels, je suis le chef de cette association de criminels ».

Le 6 avril 2005, le Prince Rainier de Monaco meurt à l’âge de 81 ans.

Histoire du 5 avril

5 Avr
Pocahontas

Pocahontas (Photo credit: lisby1)

Le 5 avril 1614, Pocahontas, fille du chef Amérindiens Powhatan se marie avec le colon planteur de tabac John Rolfe, éperdument amoureux d’elle. La rareté des écrits sur la plus célèbre des indiennes ne dit rien sur ses sentiments. Néanmoins, cette union a permis d’assurer la paix pendant plusieurs années à Jamestown.

 

Le 5 avril 1794 Danton et Camille Desmoulin sont arrêtés, jugés par un tribunal révolutionnaire puis guillotinés Place de la Révolution. La Convention (l’Assemblée Nationale) est à ce moment dominée par Robespierre et Saint-Just. Leur mouvement voulait évincer les « Indulgents » (ancien Club des Cordeliers), qui s’opposaient à la Terreur.

 

Le 5 avril 1971,le Nouvel Observateur publie le Manifeste des 343, inspiré par le Mouvement de Libération des Femmes. Il s’agit d’une pétition signée par 343 femmes qui ont eu recours à l’avortement et qui se battent pour légaliser l’IVG et la contraception. Parmi elles, Simone de Beauvoir, Catherine Deneuve, Jeanne Moreau et bien d’autres ont participé à ce combat qui aboutit en 1975 avec la Loi Veil légalisant l’avortement.

 

Le 5 avril 1994, Kurt Cobain, chanteur du groupe Nirvana, se suicide.

Chypre, un roman pas comme les autres

5 Avr
Drapeu de l'Union européenne

Drapeu de l’Union européenne (Photo credit: MPhotographe)

La crise chypriote en souffrance depuis neuf mois s’est conclue sur un plan de sauvetage hors norme

Pour la première fois, l’Union européenne a posé une condition SINE QUA NONE au plan de sauvetage du secteur financier chypriote : une aide de 10 milliards d’euros si et seulement si, Chypre taxait les dépôts bancaires de cent mille euros et plus. Cette petite formalité va à l’encontre du sacrosaint principe de libre circulation des capitaux garantie par les traités européens. Ce dénouement inattendu a surtout mis en avant une Europe à deux vitesses.

En juin 2012, alors que Chypre s’apprêtait à prendre la présidence tournante de l’Union européenne, Nicosie appelle à l’aide les pays de la zone euro pour sauver son système financier particulièrement touché par la décote grecque. La réputation de paradis fiscal de l’île méditerranéenne conduit l’Europe et en particulier l’Allemagne à poser des conditions, estimant qu’un plan de sauvetage profiterait aux oligarques russes, très présents sur l’île. Furieux à l’idée d’être ponctionnés à hauteur de 40%, les chypriotes prennent d’assaut les guichets pour retirer de l’argent, provoquant la fermeture des banques le 16 mars. Nicosie et la troïka (UE, BCE, FMI) parviennent à un accord le 25 mars 2013 établissant une taxe de 6,75% sur les dépôts supérieurs à cent mille euros et 9,9% au-delà, épargnant ainsi les petits créanciers.

Une Europe coupée en deux

L’Union Européenne a choisi de traiter cette crise différemment de celle en Grèce ou même en Irlande. Le mécontentement des pays du Sud tient au fait que la décision semblait arbitraire. En effet, la BCE n’a pas fait autant de manière pour sauver le système financier irlandais. La crise chypriote a mis en lumière une Europe à deux vitesses, entre les pays qu’on écoute et ceux à qui on impose d’établir un plan de rigueur à tout prix. Ce qui est clair c’est que la BCE souhaite faire un exemple pour les autres pays en difficulté et leur faire comprendre qu’elle n’est là qu’en dernier recours. Ce nouveau plan de sauvetage semble satisfaire les contribuables allemands et européens, inquiets de fournir une aide aux pays qui ne se conforment pas aux plans de rigueur exigés aux pays de la zone euro.

L’Union Européenne a une fois de plus pris beaucoup de temps pour régler la crise. La crainte que la crise grecque ne se propage a conduit la BCE à faire de Chypre un cas de figure pour les futures crises bancaires en faisant payer les créanciers et les actionnaires. Cependant, aucune réforme n’a été entreprise pour perfectionner le système d’aide ou la gouvernance européenne. De plus, le risque de fuite des capitaux étrangers et le risque de récession guette l’île, ainsi que la menace qui plane sur les emplois.