Chypre, un roman pas comme les autres

5 Avr
Drapeu de l'Union européenne

Drapeu de l’Union européenne (Photo credit: MPhotographe)

La crise chypriote en souffrance depuis neuf mois s’est conclue sur un plan de sauvetage hors norme

Pour la première fois, l’Union européenne a posé une condition SINE QUA NONE au plan de sauvetage du secteur financier chypriote : une aide de 10 milliards d’euros si et seulement si, Chypre taxait les dépôts bancaires de cent mille euros et plus. Cette petite formalité va à l’encontre du sacrosaint principe de libre circulation des capitaux garantie par les traités européens. Ce dénouement inattendu a surtout mis en avant une Europe à deux vitesses.

En juin 2012, alors que Chypre s’apprêtait à prendre la présidence tournante de l’Union européenne, Nicosie appelle à l’aide les pays de la zone euro pour sauver son système financier particulièrement touché par la décote grecque. La réputation de paradis fiscal de l’île méditerranéenne conduit l’Europe et en particulier l’Allemagne à poser des conditions, estimant qu’un plan de sauvetage profiterait aux oligarques russes, très présents sur l’île. Furieux à l’idée d’être ponctionnés à hauteur de 40%, les chypriotes prennent d’assaut les guichets pour retirer de l’argent, provoquant la fermeture des banques le 16 mars. Nicosie et la troïka (UE, BCE, FMI) parviennent à un accord le 25 mars 2013 établissant une taxe de 6,75% sur les dépôts supérieurs à cent mille euros et 9,9% au-delà, épargnant ainsi les petits créanciers.

Une Europe coupée en deux

L’Union Européenne a choisi de traiter cette crise différemment de celle en Grèce ou même en Irlande. Le mécontentement des pays du Sud tient au fait que la décision semblait arbitraire. En effet, la BCE n’a pas fait autant de manière pour sauver le système financier irlandais. La crise chypriote a mis en lumière une Europe à deux vitesses, entre les pays qu’on écoute et ceux à qui on impose d’établir un plan de rigueur à tout prix. Ce qui est clair c’est que la BCE souhaite faire un exemple pour les autres pays en difficulté et leur faire comprendre qu’elle n’est là qu’en dernier recours. Ce nouveau plan de sauvetage semble satisfaire les contribuables allemands et européens, inquiets de fournir une aide aux pays qui ne se conforment pas aux plans de rigueur exigés aux pays de la zone euro.

L’Union Européenne a une fois de plus pris beaucoup de temps pour régler la crise. La crainte que la crise grecque ne se propage a conduit la BCE à faire de Chypre un cas de figure pour les futures crises bancaires en faisant payer les créanciers et les actionnaires. Cependant, aucune réforme n’a été entreprise pour perfectionner le système d’aide ou la gouvernance européenne. De plus, le risque de fuite des capitaux étrangers et le risque de récession guette l’île, ainsi que la menace qui plane sur les emplois.

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