Italie: l’instabilité politique perdure

16 Avr

L’absence de consensus entre les forces politiques italiennes prive la péninsule d’un gouvernement

 

Vicolo Cieco Bersani

Vicolo Cieco Bersani (Photo credit: Maurizio Lupi)

Cinquante-deux jours après les élections du 24 et 25 février, l’Italie est toujours à la recherche d’un gouvernement. Chaque parti politique tente d’installer son candidat à la présidence du Conseil. Suite aux élections législatives, le Parti démocratique a obtenu la majorité absolue à la Chambre des députés mais pas au Sénat. Trois forces politiques s’y affrontent : le parti démocratique (PD) de Pier Luigi Bersani, la droite de Silvio Berlusconi et le mouvement contestataire 5 étoiles du comique Beppe Grillo.

Le 28 mars,  Pier Luigi Bersani  échoue à constituer un gouvernement de coalition. Le Président de la République Giorgio Napolitano, respecté de tous, a décidé de prendre en main la composition d’un gouvernement de transition. Plusieurs possibilités s’offrent à lui : démissionner avant la fin de son mandat le 15 mai pour réorganiser de nouvelles élections législatives, désigner un candidat indépendant pour former un gouvernement provisoire chargé de modifier les lois électorales qui favorisent l’instabilité politique ou reconduire P.L. Bersani. Dans ce dernier cas, le leader du PD doi

t former un gouvernement avec les différentes forces politiques qui ne parviennent pas à s’entendre. Silvio Berlusconi est prêt à former un « gouvernement de large entente », notamment parce qu’une grâce présidentielle lui permettrait d’échapper à plusieurs condamnations dans  différentes affaires judiciaires. Mais Pier Luigi Bersani refuse de s’aliéner son électorat en s’alliant avec l’ancien président du Conseil. De plus, Beppe Grillo, fidèle à sa stratégie de rupture, refuse tout accord.

L’Italie inquiète

Le 2 avril, G. Napolitano a institué un groupe de travail composé de toutes les forces politiques italiennes pour tenter de sortir de cette impasse politique, en vain. Quant au Président de la République, il se prépare à quitter ses fonctions à l’approche des nouvelles élections présidentielles. Les pourparlers entre les partis politiques n’ont mené à aucune entente pour élire un président du Conseil. Le gouvernement de Mario Monti est encore en poste pour conduire la politique italienne. Cependant, cette situation inquiète l’Europe et les marchés. En effet, l’instabilité politique de la troisième économie de la zone euro pourrait affaiblir l’ensemble du vieux continent. Selon L’Express, le patron de la Confindustria (organisation représentative des entreprises italiennes), Giorgio Squinzi a déclaré qu’entre l’affaiblissement du gouvernement Monti et l’absence de consensus, l’Italie aurait perdu un point de son PIB. Plusieurs personnalités pourraient faire consensus auprès de tous les partis : l’ex Premier Ministre Giuliano Amato, l’ancien président de la Chambre des députés Luciano Violente, l’actuelle ministre de l’Intérieur Anna Maria Cancellieri ou l’ancienne commissaire européenne Emma Bonino. Quelque soit la solution envisagée,  le président du Conseil doit être élu très rapidement. Les italiens sont fatigués des batailles politiques, démoralisés à cause du taux de chômage élevé et l’Italie souffre des nombreux plans de rigueurs entrepris en vain.

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