Mali : les troupes françaises sont-elles prêtes à partir ?

23 Avr

Les annonces du Président de la République et de ses ministres sur le retrait des troupes françaises du Mali laissent planer le doute sur le respect du calendrier prévu

 

L’inquiétude du Président français sur la capacité de la MISMA (Mission internationale de soutien au Mali) à prendre le relais des soldats français laisse penser que l’opération Serval est loin d’être terminée. Tout en ne remettant pas en cause le calendrier de retrait des troupes, François Hollande a tenu à nuancer celui-ci en insistant sur le danger du retour des islamistes au Mali en cas de départ précipité. « Le retrait de la France sera progressif et sera en fonction de la situation car nous voulons nous assurer que le terrorisme ne reviendra pas au Mali » a-t-il déclaré jeudi 19 avril. Depuis l’annonce du retrait de la France en février, les intentions de l’Etat semblent très confuses.

Engagées depuis le 11 janvier au Mali, le nombre de soldats français a atteint 4000 hommes à son paroxysme. D’ici la fin juillet, 2000 soldats resteront au Mali pour soutenir les troupes africaines qui comptent à ce jour 6300 hommes formés par l’Union européenne.

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Français : Venue François Hollande à Rennes le 27 septembre 2011, Jean-Yves Le Drian, Frédéric Bourcier, Loïg Chesnais-Girard (Photo credit: Wikipedia)

Les différentes déclarations du chef d’Etat et des membres du gouvernement font planer le doute sur le respect du calendrier et surtout sur l’efficacité à long terme d’un retrait après quelques mois de guerre. En effet, en visite à Bamako le 2 février, François Hollande a déclaré devant un public déchaîné : « Nous serons à vos côtés jusqu’au bout ». Cinq jours après, le chef de la diplomatie, Laurent Fabius, annonçait le retrait de la France du Mali à partir de mars. Le 6 mars, au micro d’Europe 1, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian n’a pas confirmé ce calendrier, contournant la question tout en écartant l’idée d’un retrait rapide. Le 20 mars le Président de la République déclarait : « La quasi-totalité du territoire sera revenu à la souveraineté du Mali dans quelques jours ». Le jour même, le Premier Ministre déclarait à l’Assemblée Nationale que le retrait débuterait « à partir de la fin avril ».

Le respect du calendrier  n’est pas la seule dissonance. Les troupes maliennes doivent prendre le relais d’ici la fin de l’été. Cependant,  le premier bataillon de soldats maliens formé par l’Union européenne ne devrait être opérationnel qu’en juillet selon le général français François Lecointre qui commande la mission EUTM (European Union Training Mission Mali). De plus, des spécialistes soulignent le délabrement de l’armée malienne et l’absence d’esprit de corps. L’ancien Ministre de la Défense, Hervé Morin a d’ailleurs déclaré : « Les forces africaines ne sont pas prêtes à prendre le relais, si tant est qu’elles le soient un jour ». La situation sur le terrain est également préoccupante : poursuite d’acte de guérillas dans les villes du Nord, retards sur le plan politique pour la tenue d’élections démocratiques ou absence de conciliation entre les autorités maliennes et les séparatistes Touaregs.  Par ailleurs, les forces de police sont absentes dans les villages du Nord laissant libre court à la violence de soldats maliens contre la population. Dans ces conditions le Président François Hollande peut-t-il respecté le « sacro-saint » calendrier, contenu des risques que cela comporte pour la paix.

 

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