Syrie : Pourquoi personne n’intervient ?

13 Mai

Avec 70 000 morts et 5 millions de déplacés, le conflit syrien s’enlise sans que les puissances occidentales n’interviennent pour stopper Bachar al-Assad

 

La guerre civile entre les rebelles syriens pro-démocratiques et les troupes de Bachar al-Assad fait état de plus de 70 000 morts depuis trois ans. La question qui se pose est de savoir pourquoi la communauté internationale n’envoie-t-elle pas des troupes comme elle a pu le faire en Libye.  La  Syrie est dirigée par Bachar al-Assad, membre d’une minorité musulmane, les alaouites. Le régime très peu démocratique est soutenu par la Russie, la Chine et l’Iran. Or les russes et les chinois, membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, s’opposent à l’adoption d’une résolution permettant une intervention militaire étrangère.

La situation est plus complexe qu’en Libye et plus risquée. Tout d’abord, le pays abrite le leader des mouvements terroristes palestiniens, le Hamas. La Syrie est alliée de l’Iran et du groupe islamo-terroriste libanais, le Hezbollah. Damas a donc le pouvoir de nuire et de déstabiliser toute la région. Par ailleurs, contrairement à Mouammar Kadhafi, le président syrien détient encore des soutiens internationaux. La Chine et la Russie s’opposent à l’ingérence de pays étrangers dans les affaires internes d’un autre. De plus, la Russie est un allié économique et militaire du régime. Moscou possède des bases sur le territoire syrien et livre des armes au gouvernement. Les deux pays avaient donné leur accord pour une petite intervention de protection des civils en Libye qui s’est très vite transformé à leur dépend en intervention internationale.

L’offensive en Libye reposait sur des bombardements aériens, ce qui présentait moins de risque pour les troupes occidentales et des dépenses moindres puisque les avions de chasse décollaient de bases ou de porte-avions à proximité du continent européen. La Syrie est plus loin que la Libye et mieux armée que celle-ci.  Bachar al-Assad possède des armes sophistiquées comme des missiles anti-aériens et des armes chimiques ainsi qu’une armée solide et fidèle.

La peur de l’islamisme

L’Europe, Israël et les Etats-Unis se plaignent du veto chinois et russe mais craignent les conséquences d’une intervention. Ils redoutent par-dessus tout le changement de régime. Celui de Bachar al-Assad semble moins terrible qu’un nouveau régime islamiste, propice aux terroristes, qui n’hésiterait pas à déclarer la guerre à l’Etat hébreux. De plus, s’il est de plus en plus contesté, le dictateur continue de bénéficier du soutien en interne de la minorité alaouite et des chrétiens qui redoutent également l’instauration d’un régime islamiste. Par ailleurs, les occidentaux redoutent un scénario comme celui de la Tunisie ou de l’Egypte où les partis islamistes ont pris le pouvoir par les urnes ou tentent de déstabiliser le gouvernement en place. En effet, tout comme dans ces pays, la rébellion syrienne est très peu organisée politiquement. Bien que se déclarant laïque, beaucoup de groupes islamiques la compose, soutenue par l’Arabie saoudite trop contente d’installer un régime allié obéissant à la charia  Cependant, plus le conflit s’enlise plus les islamistes radicaux s’implantent au sein de la population fatiguée de l’impuissance internationale.

D’autre part, si une intervention étrangère réussissait à faire tomber le régime de Bachar al-

English: SOCHI. With President of Syria Bashar...

English: SOCHI. With President of Syria Bashar al-Assad. Русский: СОЧИ, БОЧАРОВ РУЧЕЙ. С Президентом Сирии Башаром Асадом. (Photo credit: Wikipedia)

Assad, l’expérience en Irak et en Afghanistan a montré qu’une victoire ne signifiait pas la fin des problèmes. Tout comme dans ces pays, l’OTAN ou toute autre mission internationale devrait rester sur place pour plusieurs mois voire plusieurs années pour stabiliser la région. Cette éventualité est loin de faire l’unanimité auprès des occidentaux comme les Etats-Unis déjà embourbés dans plusieurs conflits. En somme, la communauté internationale, en guerre contre le terrorisme, semble ne plus avoir le choix entre la liberté des peuples et le combat contre les islamistes extrémistes.

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