Italie : Berlusconi provoque sciemment une crise politique

1 Oct

Le Cavaliere ordonne la démission de cinq ministres du PDL pour sauver sa peau

Dimanche 29 septembre, Silvio Berlusconi a ordonné à cinq ministres de son parti Forza Italia (anciennement Parti de la liberté ou PDL) de démissionner du gouvernement d’Enrico Letta provoquant une nouvelle crise politique en Italie. Un geste désespéré du Cavaliere en proie à plusieurs condamnations  dont une destitution de son poste de sénateur qui signifierait une levée de son immunité politique.

English: Silvio Berlusconi in a meeting with J...

English: Silvio Berlusconi in a meeting with José Luis Rodríguez Zapatero. Español: Silvio Berlusconi en un encuentro con José Luis Rodríguez Zapatero. Italiano: Silvio Berlusconi in un incontro con José Luis Rodríguez Zapatero. (Photo credit: Wikipedia)

Le président du Conseil italien a choisi de coincer Silvio Berlusconi à son propre jeu et de se battre contre cette nouvelle attaque des « faucons », les conseillers du milliardaire constituant l’aile dure de la droite. Enrico Letta proposera mercredi 2 septembre un vote de confiance au Sénat, la Chambre des représentants lui étant déjà acquise. Il veut jouer sur les divisions au sein du PDL et compter sur la droite modérée, fatiguée de subir les frasques du Cavaliere. Il a déclaré : « Je ne demanderai pas la confiance pour trois jours et pour recommencer comme avant, mais pour aller de l’avant et appliquer un programme ».

Plus seul que jamais

En essayant de déstabiliser la majorité qui doit le destituer, Berlusconi a provoqué une nouvelle crise en Italie et au sein même de son parti. Le ministre de l’Intérieur Angelino Alfano, qui doit sa carrière au milliardaire (garde des Sceaux, secrétaire du parti en 2011, vice-président du Conseil) appelle à « stopper les extrémistes qui entrainent le parti dans une aventure dangereuse ». Les quatre autres ministres démissionnaires s’accordent sur la mauvaise gestion du parti. La presse italienne n’a pas non plus été tendre avec le Cavaliere. Le Corriere della Sera appelait « Modérés, réveillez-vous ». Le quotidien d’affaires Il Sole 24 One dénonçait la fin du règne de Berlusconi « placé sous le signe d’un conflit d’intérêts permanent ».

Le « coup d’état »

L’aile modérée de la droite, les « colombes » ne veulent pas forcément tourner le dos à l’ancien président du Conseil mais ils déplorent les conseils désastreux de l’entourage de Berlusconi, dont son avocat, prêt à tout pour le garder dans la course politique quitte à plomber le parti et toute l’Italie. Ses conseillers sont loin d’être les seuls à manier l’art de la manipulation. Silvio Berlusconi a justifié cette crise par l’augmentation d’un point de la TVA prétextant une « nouvelle brimade infligée par la gauche  aux Italiens ». Une énième tentative désespérée d’éviter de finir avec les menottes et de voir plonger ses entreprises, dont les actions sont en chute libre après ce « coup d’état ». Quoi qu’il advienne, une fois destitué, le Cavaliere devra choisir entre être assigné à résidence ou faire des travaux d’intérêts généraux car le président de la République, Giorgio Napolitano, et Enrico Letta ne veulent à aucun prix dissoudre le Parlement et provoquer des élections anticipées.

Enrico Letta

Enrico Letta (Photo credit: Wikipedia)

Silvio Berlusconi a su une fois de plus faire passer son intérêt avant celui des italiens. En effet, cette situation politique est d’autant plus grave que l’instabilité se traduit par des sanctions économiques : l’écart entre les bons au Trésor italiens et ceux du Trésor allemands augmente, desservant ainsi la dette italienne qui atteint à ce jour 127% du PIB italien.

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