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Les enjeux des négociations sur le nucléaire iranien

2 Avr

Un nouvel espoir dans l’aboutissement d’un accord entre les occidentaux et l’Iran

Les enjeux de la conférence de Lausanne laissent présager une refonte de la carte géopolitique au Moyen Orient

Les négociations à la conférence de Lausanne sur le nucléaire iranien n’ont pas abouties mardi 30 mars. Le but de cette conférence entre les cinq membres du Conseil de sécurité de l’ONU (Chine, Etats-Unis, France, Grande Bretagne, Russie), l’Allemagne et la République islamique d’Iran est une augmentation de la durée dans le temps de la construction de la bombe atomique iranienne en échange d’une réduction des sanctions internationales qui pèsent sur le pays après douze ans de négociations infructueuses. L’objectif pour l’Occident d’échelonner dans le temps la fabrication de la bombe nucléaire est de trouver une parade au cas où l’Iran déciderait de sortir de cet accord.

Des tractations en montagnes russes

Mais, les iraniens ont des demandes très précises en échange de cet étalement : ils veulent la levée rapide et immédiate de l’ensemble des sanctions qui pèsent sur leur pays, la levée des sanctions européennes, américaines et celles des Nations Unies. Les occidentaux, quant à eux, pencheraient pour une levée des sanctions plus progressive, étape par étape, en concordance avec les efforts iraniens sur le terrain pour rendre les activités nucléaires plus transparentes aux yeux de la communauté internationale, tout en respectant les termes d’un futur accord.

Il y a donc plusieurs points de discordes entre les différentes parties : la levée progressive des sanctions qui pose problème, les capacités nucléaires des centrifugeuses de dernières générations et la durée d’engagement de l’accord en cours. Il s’agit donc de savoir combien de temps la communauté internationale aura un droit de regard et posera des limites au programme nucléaire iranien. Plus la période définie par l’Occident sera longue plus se sera rassurant. Les Américains seraient prêts à concéder une période de dix ans, alors que la France verrait plutôt une durée de quinze ans.

L’Iran, un nouveau collaborateur 

Si les chances que cet accord aboutisse peuvent paraître minces, les négociateurs en présence discutent de bonne foi et mettent en avant les progrès accomplis depuis près d’un an et demi. La position des occidentaux a beaucoup évolué puisque l’idée d’enrichissement de l’uranium iranien a été acceptée. En revanche du côté iranien, on sent bien qu’il s’agit de prendre une décision stratégique pour le président Hassan Rohani  puisqu’il faut faire accepter aux durs du régime cet apaisement avec l’Occident.

D’un point de vue géopolitique, ce nouvel accord devrait aboutir à une refonte des relations entre l’Occident, et en particulier avec les Etats-Unis, et le Moyen Orient. L’administration Obama a bon espoir, même si cela reste dans le domaine de l’espérance, de voir l’Iran réintégrer la communauté internationale et devenir un partenaire essentiel dans la gestion des crises irakiennes, syriennes et surtout un collaborateur dans la lutte contre Daesh. Cependant, cet espoir de nouvelles relations n’est pas du goût de tout le monde puisque ces relations poseraient problèmes à d’autres partenaires de l’Occident à savoir l’Arabie Saoudite (sunnite alors que l’Iran est shiite) ou à Israël. Au sein même du Congrès américain, les Républicains, majoritaires, ne sont pas d’accord avec la politique iranienne du président. Par ailleurs, il ne faut pas n’ont plus attendre un changement de la part des durs du régime iranien qui sont loin d’être prêt à adopter une vision occidentale du monde et notamment une vision américaine sur le conflit syrien et sur le maintien ou non de Bachar-al-Assad au pouvoir en Syrie.

Le retour mercredi 1er avril du chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, après un départ dans une ambiance chaotique après la fin de la deadline pour trouver un accord mardi 30 mars, semble être le signe d’un aboutissement favorable. « On est à quelques mètres de l’arrivée, quelques dizaines de mètres, mais on sait aussi que ce sont toujours les plus difficiles », a affirmé le ministre français. D’autant, que Laurent Fabius passe pour être un intransigeant sur les questions évoquées plus haut.

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