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Ukraine : le conflit n’en finit pas de faire des morts

28 Jan

Les sanctions économiques contre la Russie et le cessez-le-feu signé à Minsk n’ont pas empêché la reprise des combats ou la résolution du conflit

Le nombre de morts civils ou militaires en Ukraine vient de faire un bond, les ministres occidentaux s’insurgent, les russes crient au complot, mais rien ne bouge. Les combats ont repris depuis une semaine dans l’Est de l’Ukraine malgré un cessez-le-feu signé entre les différentes parties à Minsk en septembre. Les condamnations de la scène internationale fusent contre ce regain de violences et toujours une potentielle aide militaire russe aux rebelles.

Les combats ont repris

Le 22 janvier les rebelles prorusses ont lancé une offensive contre l’aéroport de Donetsk, s’emparant de ce bastion tenu par l’armée ukrainienne. «En raison des tirs venant de toutes les directions, il a été décidé la nuit dernière de quitter le nouveau terminal», a annoncé un porte-parole militaire ukrainien. Selon le ministère de la Défense ukrainienne, une partie des bâtiments et de l’enceinte de l’aéroport reste sous leur contrôle. Cette nouvelle attaque a fait six morts, six militaires. L’aéroport était le théâtre d’affrontements depuis mai. Les militaires ne sont pas seuls à être touchés. Dans la matinée du 22, un tir d’obus contre un trolleybus a fait treize morts, douze passagers et un automobiliste qui passait à proximité. Le quartier en question avait pourtant était épargné jusque-là. La veille, un autre tir avait fait un mort dans un autobus, près de l’aéroport.

Dix soldats ont trouvé la mort, ainsi que huit civils dans la région de Lougansk selon le gouverneur local, un pro-Kiev. Quarante et une personnes seraient mortes durant ces dernières vingt-quatre heures. Une nouvelle escalade des conflits a eu lieu dans la ville portière de Marioupol le weekend du 24 janvier. Cette nouvelle attaque a fait trente morts chez les civils et sept morts dans l’armée ukrainienne. Les observateurs de l’OSCE, présents ce jour-là ont conclu que les tirs de roquettes venaient de positions tenues par les rebelles prorusses. Cette nouvelle offensive a évidemment provoqué un tollé de critiques dans le camp des occidentaux.

La communauté internationale condamne mais ne réagit pas

François Hollande s’est entretenu dimanche 25 avec le président ukrainien, Petro Porochenko, et le président du Conseil européen Donald Tusk pour exprimer sa « très forte préoccupation face à la très forte dégradation sur le terrain en Ukraine, en particulier avec les derniers évènements dramatiques à Marioupol ». Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon, ainsi que l’Otan et l’OSCE, ont violemment condamné ces récentes attaques visant des civils. Ce dernier s’est insurgé contre « la rupture unilatérale du cessez-le-feu opérée samedi par les dirigeants des séparatistes et en particulier leurs déclarations provocatrices revendiquant davantage de territoire, au mépris de leurs engagements pris dans le cadre des accords de Minsk ». En effet, ces récentes attaques donnent à penser que les rebelles tentent de créer un couloir entre leurs positions actuelles et la Crimée. En effet, la prise de l’aéroport de Donetsk et les bombardements de la ville portuaire va dans la continuité du plan des rebelles séparatistes, à savoir constituer un état indépendant à l’Est de l’Ukraine avec un aéroport et un port.

Le secrétaire d’Etat américain John Kerry et le vice-président Joe Biden ont tous deux accusés directement la Russie de ne pas respecter le cessez-le-feu et de continuer à soutenir les rebelles. D’autres pays comme l’Allemagne ou la Pologne semblent aller dans le même sens que le secrétaire du Conseil ukrainien en accusant Vladimir Poutine d’être directement lié à ces récentes agressions. Le chef de la diplomatie américaine, John Kerry a ajouté qu’il souhaitait voir la « fermeture de la frontière internationale avec l’Ukraine et le retrait de toutes ses armes et combattants et appui financier», «Sinon, la pression internationale et celle des Etats-Unis sur la Russie et sur ses intermédiaires ne va faire que s’amplifier ». La Lettonie, présidente de l’Union européenne, a demandé de nouvelles sanctions contre la Russie « pleinement responsable de l’attaque des séparatistes contre Marioupol ».

La secrétaire d’Etat adjointe aux Affaires européennes, Victoria Nuland, s’est violemment insurgée contre le président russe. «L’Otan est une organisation de défense. Notre but est de dissuader les pays de toute agression, mais si cet objectif échoue, nous devons nous tenir prêts » a-t-elle déclaré, ajoutant que «  Nous devons installer des centres de commandement aux six frontières autour de l’Ukraine aussi rapidement que possible » l’Otan devrait être « le fer de lance qui va nous permettre de nous rendre rapidement sur les lieux de conflits ». Cette vision belliqueuse est loin de faire l’unanimité puisque les Etats-Unis et même l’Ukraine veulent s’en tenir aux accords de Minsk auquel cas, la communauté internationale n’envisage rien de plus que de plus lourdes sanctions économiques contre la Russie.

La Russie nie toute implication

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, indigné par les accusations de Kiev, a sommé ses homologues occidentaux de lui « présenter les preuves » de l’implication de Moscou dans les récentes violences commises dans l’Est de l’Ukraine. « Si vous portez des accusations avec autant d’aplomb, présentez des faits » a-t-il déclaré, accusant l’Ukraine de « chercher la confrontation » et les occidentaux  « d’isoler la Russie, asphyxier son économie et renverser » le chef du Kremlin. Ce dernier a d’ailleurs déclaré au sujet de l’armée ukrainienne « De fait, il ne s’agit pas d’une armée mais d’une Légion étrangère, dans le cas présent, une Légion étrangère de l’OTAN qui n’a pas pour but la défense des intérêts nationaux de l’Ukraine ».

La théorie du complot

Selon les défenseurs de la Russie cette reprise des violences en Ukraine ne proviendrait pas de Moscou mais de Kiev. Selon eux, la violation du cessez-le-feu ne servirait que les intérêts de l’Ukraine, à savoir ne pas adoucir les sanctions et les relations diplomatiques avec la Russie. Appuyant les déclarations de Lavrov sur l’inexistence de preuves que la Russie serait à l’origine des nouveaux bombardements venant de la zone des rebelles, les adeptes de la théorie du complot soutiennent que ces attaques desserviraient la Russie puisqu’elles ne feraient que retarder la levée des sanctions.

Selon l’Onu, plus de 5000 personnes auraient été tuées et plus de 10 000 blessés depuis le début de ce conflit qui n’est pas prêt de se terminer contenu des divisions européennes sur la arche à suivre et sur l’inutilité des sanctions économiques sur le Kremlin.

Intervention en Syrie : qui, quand, comment ?

7 Sep
G20

G20 (Photo credit: The Prime Minister’s Office)

Le G20, qui se tient actuellement en Russie, cristallise les divisions entre les pays sur une éventuelle intervention militaire contre le régime de Bachar al-Assad

 

Les États-Unis et la France, pays favorables à une intervention militaire sans mandat de l’ONU, veulent lancer des frappes aériennes en Syrie afin de sanctionner le dictateur pour avoir utilisé des armes chimiques contre sa population

 

 

Les résolutions de l’ONU étant bloquées par la Russie et la Chine, les États-Unis et la France se sont donnés pour missions d’intervenir militairement en Syrie avec ou sans mandat de l’Organisation des Nations Unies afin de stopper rapidement les attaques à l’arme chimique perpétrées par l’armée de Bachar al-Assad. Les populations et la communauté internationale sont fortement divisées sur la question, Washington et Paris semblent bien isolés.

Depuis les répressions sanglantes des manifestations de 2011, l’ONU a proposé trois résolutions bloquées par la Russie et la Chine par intérêts et par refus d’ingérence extérieures dans les affaires intérieures d’un pays. Il faut attendre le 21 août 2013 pour que l’éventualité d’une utilisation d’armes chimiques contre la population soit admise par la communauté internationale grâce aux images de victimes de frappes. La France et les États-Unis affirment avoir des preuves justifiant une intervention militaire imminente en Syrie pour protéger la population. Cependant, depuis l’utilisation de faux documents par les Américains affirmant que Saddam Hussein utilisait des armes de destruction massive, la communauté internationale préfère se fier aux conclusions du rapport de la mission de l’ONU envoyée sur place du 26 au 31 août. Le 31 août le revirement de Barack Obama souhaitant recevoir l’aval du Congrès américain avant toute intervention n’a pas fait changer d’avis le président français toujours déterminé à agir au plus vite. Mardi 4 septembre, François Hollande a déclaré que si le Congrès ne donnait pas son feu vert la France « prendrait ses responsabilités en soutenant l’opposition » syrienne.

Divisions sur la scène internationale

Le G20, établi en Russie, a montré l’isolement des États-Unis et de la France. Le président de la République française n’a d’ailleurs pas pu compter sur le soutien de ses homologues européens pour former une coalition afin d’intervenir militairement.  David Cameron a dû se ranger à l’avis du Parlement rejetant toute intervention militaire. L’Italie ne souhaite pas intervenir sans mandat de l’ONU. Angela Merkel a déclaré que l’Allemagne « ne s’associera en aucun cas à une action militaire » et que « cette guerre doit prendre fin et cela ne se fera que politiquement ». Le porte-parole de la délégation chinoise au G20, Qin Gang a également déclaré que « la situation actuelle montre que la solution politique est la seule voix », « les conclusions de l’enquête » de l’ONU sur l’usage d’armes chimiques « seront la base de la prochaine étape ». Herman Van Rompuy (président permanent du Conseil européen) et José Manuel Barroso (président de la Commission européenne) ont appelé à une solution politique pour mettre fin au conflit.

Les membres d’une hypothétique coalition se comptent sur les doigts de la main. La Turquie approuve une intervention militaire punitive contre la Syrie, même si l’on peut soupçonner la volonté du président Recep T. Erdogan de redorer son blason sur la scène internationale et de protéger ses frontières. Les Émirats Arabes, le Koweït et le Maroc sont prêts à fournir de l’aide tout comme la Croatie, le Danemark, la Grèce, la Lettonie, la Roumanie et Chypre.

Moyens militaires et stratégies de guerre

Si intervention il y a, il n’est pas question d’envoyer des troupes au sol ou de faire durer une présence internationale aux abords de la Syrie. Une campagne de frappes ponctuelles de quelques heures par jour viserait des cibles précises telles que des dépôts de munitions de l’armée, des infrastructures stratégiques comme des postes de commandement, des bases aériennes ou encore des dépôts de carburant. Le but étant de ne pas renverser le dictateur mais de lui faire subir un coup de semonce et de réduire ses forces de frappe.

En France, la Constitution stipule que le chef des armées, le président de la République a tous les droits en ce qui concerne la décision d’entrée en guerre. Le Parlement doit juste être informé des opérations en cours dans les trois jours. En revanche, il a la garde du budget de la Défense. Au États-Unis, le président a les mêmes pouvoirs décisionnaires. En revanche le Congrès peut obliger le président à faire revenir les troupes.

Depuis plusieurs mois, Washington positionne dans la région des missiles Tomahawks d’une portée de mille kilomètres, envoyés depuis des avions, des navires ou les bases du Golfe ou de Djibouti. Le Pentagone a renforcé ses moyens : en Mer Rouge se trouve la Vème flotte composée de deux porte-avions les plus modernes, l’USS Truman et Nimitz munis de quatre vingt dix chasseurs. En Méditerranée, cinq croiseurs lance-missiles ont été positionnés face à la Syrie contenant chacun cent cinquante Tomahawks, ainsi qu’un nombre inconnu de sous-marins d’attaque lanceurs d’engins.

Paris a dépêché des moyens d’écoute et de renseignement, des sous-marins d’attaque, des Rafales et des Mirages ainsi que la frégate ultramoderne Chevalier Paul assurant une protection du ciel et des sous-marins. Le porte-avion Charles de Gaulle se tiendrait en retrait, il pourrait rejoindre la région en trois jours. La France dispose de missiles de hautes précisions, SCALP-EG d’une portée de trois cent kilomètres. Les raids pourraient partir des bases françaises de Djibouti ou d’Abou Dhabi ou de la base de l’Otan en Turquie.

La décision du président américain d’attendre le 9 septembre que le Congrès se réunisse, peut lui donner du temps pour connaitre les conclusions des émissaires de l’ONU. Cette hypothèse lui permettrait de ne pas s’engager seul dans le conflit. Si l’ONU révélait l’utilisation d’armes chimiques, une résolution pourrait être adoptée et recevoir le soutien éventuel de pays occidentaux voire de la Russie et de la Chine. Cependant, cette hypothèse est loin de convaincre tous les spécialistes étant donné que beaucoup de pays veulent régler le conflit syrien de manière politique et non militaire. Quoi qu’il en soit, plus la communauté internationale attend pour intervenir, plus l’efficacité d’une attaque diminue et donne la possibilité à Bachar al-Assad de se préparer.

 

Histoire du 4 avril

4 Avr
Martin Luther King leaning on a lectern. Deuts...

Martin Luther King leaning on a lectern. Deutsch: 1964: Martin Luther King Português: Martin Luther King (Photo credit: Wikipedia)

Le 4 avril, plusieurs évènements ont marqué l’Histoire.

Le 4 avril 1791, l’Eglise Sainte Geneviève devient le Panthéon. Situé aujourd’hui dans le 5ème arrondissement de Paris, sur la montagne Sainte Geneviève culminant à quatre-vingt mètres, le Panthéon, ancienne Eglise Sainte Geneviève, est devenu le temple dédié aux grands hommes de l’histoire française. Le 2 avril 1791 à la mort de Mirabeau, grand orateur de la Nation, l’Assemblée Nationale cherche un emplacement pour réunir les tombes des grands hommes de l’Histoire post-révolution. Plusieurs lieux ont été proposés, mais c’est finalement le nouvel édifice reconstruit sur les ruines de l’Eglise Sainte Geneviève qui est choisi pour abriter le Panthéon. Le 4 avril 1791, le monument perd sa vocation religieuse pour devenir un bâtiment civique.  Le décret stipule : «  Un nouvel édifice destiné à recevoir les cendres des grands hommes, à dater de l’époque de notre liberté ». Une exception est faite pour les hommes qui ont marqué l’histoire avant la Révolution tels que Voltaire, Descartes ou Rousseau.

 

Le 4 avril 1949, le traité de l’Atlantique Nord est signé par la Belgique, la France, le Luxembourg, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, le Danemark, l’Italie, l’Islande, la Norvège et le Portugal avec le Canada et les États-Unis. Ce traité met en place l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN). A ce moment, l’Alliance a pour vocation de protéger l’Europe d’après-guerre d’une nouvelle tentative d’extension de l’Allemagne et de l’expansionniste de l’URSS. L’OTAN compte aujourd’hui bien plus de pays dont la vocation est de se protéger d’attaques extérieurs tout en continuant à protéger le continent européen.

 

Le 4 avril 1968 est assassiné le pasteur Martin Luther King, militant non violent pour les droits civiques des Noirs aux Etats-Unis, pour la paix et contre la pauvreté. Fin mars, Martin Luther King vient soutenir la grève des éboueurs afro-africains. Le 4 avril 1968, à 18h01, l’auteur de « I Have a dream » meurt d’une balle dans la gorge sur le balcon du Lorraine Motel. James Earl Ray est déclaré responsable de la mort du pasteur. En 1999, la veuve de M. King gagne un procès contre Lloyd Jowers (un propriétaire de restaurant situé non loin du Lorraine Motel) et « d’autres conspirateurs », déclarés responsable de la mort de son mari. Pour la petite anecdote, l’autopsie a révélé que le cœur de Martin Luther King, âgé de 38 ans, était dans l’état de celui d’un homme de 60 ans, fatigué par les années de stress causé par son combat.